Archive pour la catégorie 'Uncategorized'

Rendez-vous raté

Si Mario Dumont a fait son mea culpa en fin de semaine dernière, c’était purement par opportunisme. Cette sortie a peut-être amélioré l’image du chef de l’ADQ, mais elle ne changera pas mon vote pour autant, ni le vôtre. Même si c’était sincère, il y a plus que le style à changer à ce parti; il y a plus à changer avec la droite en général avant de pouvoir proposer une option crédible aux Québécois. Néanmoins, il se trouve que l’aveu de Mario Dumont a donné lieu à un beau (et court) moment d’humilité, si rare en politique. 

Au même moment, Pauline Marois (la persistante, selon Jacques Parizeau à TMEP) maintenait que si c’était à refaire, elle enverrait toujours des milliers de médecins et infirmières à la retraite, tout en sabrant dans les admissions dans ces mêmes programmes.


On peut facilement concéder que le virage du déficit zéro était essentiel et peut-être admettre que cela passait nécessairement par une réduction des coûts en santé – même si Mike Harris a plutôt largement augmenté les dépenses en santé alors qu’il éliminait le déficit budgétaire de l’Ontario.  En fait, on ne peut même pas lui faire porter la responsabilité entière pour la décision puisqu’elle venait probablement du bureau de Lucien Bouchard (qui a d’ailleurs reconnu son tort). 

Là où il est incontestable que Mme. Marois ait fait erreur, c’est dans la manière dont cette coupe a été menée. Plutôt que de cibler les hôpitaux où le manque de personnel était le moins criant, les départs ont été faits aveuglement, à tout azimut.  Par ailleurs, comment passer sous silence l’ampleur de la réduction des cohortes en médecine et en soins infirmiers ainsi que son impact au long terme? Pourquoi ne pas avoir jumelé des plus petites coupes à une réduction des coûts de mains d’œuvre?  

Pauline Marois le sait, tout ça. Elle a raté une belle occasion d’être authentique, alors que plusieurs se questionnent sur l’image qu’elle tente de projeter. Pour reprendre Foglia, on est à se demander si on ne préférerait pas mieux une vraie châtelaine à une fausse matante. 

Il fait dans l’humour, celui-là?

Moi, je ne fonctionne pas sous les menaces.

- Régis Labeaume, aux syndiqués qui lui promettaient, hier, de ne jamais plier à sa menace son ultimatum.

 

 

J’ai entendu la citation à Radio-Can ce matin. Je n’ai malheureusement pas encore trouvé de référence sur le net.

Qui pourra y mettre fin?

Antagoniste nous pointe vers un article révélateur de l’hystérie qui entoure la distribution des 700 milliards de dollars promis par la trésorerie américaine.

La dernière fois que les américains ont affronté une crise pareille, ils avaient Franklin D. Roosevelt. L’architecte du New Deal a fait plusieurs faux pas, selon certains économistes, mais la confiance qu’il a inspiré a joué un rôle énorme dans la relance d’une économie. Qui, aujourd’hui, peut jouer le rôle de FDR dans son premier discours radiophonique en 1933? 

After all, there is an element in the readjustment of our financial system more important than currency, more important than gold, and that is the confidence of the people themselves. Confidence and courage are the essentials of success in carrying out our plan. You people must have faith; you must not be stampeded by rumors or guesses. Let us unite in banishing fear. We have provided the machinery to restore our financial system, and it is up to you to support and make it work.

It is your problem, my friends, your problem no less than it is mine.

Together we cannot fail.

Le président en place n’a aucune crédibilité, le président désigné n’a pas l’autorité nécessaire et la chambre veut seulement plus d’argent. 640 milliards d’engouffrés déjà, et la bête a toujours faim. On a envoyé un homme sur la lune pour six fois moins.

Qui éteindra le feu, alors que W. joue du violon?

Pour le bien de la patrie

Ignatieff lance sa campagne pour le leadership du Parti Libéral sur le thème de l’unité. Celle du pays, comme celle du parti. Il y a fort à parier qu’on parlera plutôt de division au cours des six prochains mois – même quand le parti tente de parraître uni, le malaise n’est jamais bien loin.

Photo Globe&Mail


Le déclin

Les sondages sont des indicateurs précis uniquement pour les tendances qu’ils décrivent sur une longue période de temps. 

 

adq

 

 

 

 

 

 

 

CQFD.

Continuant sur le thème de la déchéance généralisée de la droite

L’intellectuel conservateur Christopher Hitchens explique la facilité qu’il a eu à voter pour Barack Obama:

I found it pretty easy to cast a vote that told the Republican Party, for which I recommended a vote last time, not to try any of this shit again. No more McCarthy tactics; no more stumblebum quitting of the campaign trail and attempting to pull out of the first presidential debate in order to wind up voting to save Lehman Bros.; no more driveling Christian fundamentalism; no more insinuation that only those silly enough to endorse them are “real Americans.” No more sneers at San Francisco as if it weren’t a real American city. McCain and his preposterous running mate will just have to believe in an afterlife in which they can live down the shame of what they attempted this year.

Encore une fois, on peut faire un parallèle (moins dramatique) avec l’ADQ. Quand Mario Dumont affirme vouloir sauver le Québec des barbares qui veulent nous enlever Noël; quand il dénonce la tolérance et la diversité, il érige des murs entre les “vrais” québécois et les autres.  Il va trop loin.

Mais où est donc passée la droite?

Il y a un lien à faire entre la dérive de l’ADQ et celle de la droite américaine.

Le parti de George W. Bush est aussi celui d’Abraham Lincoln - d’une droite lucide fondée sur la liberté et l’égalité. En 1948, Truman avait proposé un ambitieux agenda pour l’avancement des droits civiques, emportant avec lui au parti démocrate ceux qui étaient préoccupés par les tensions raciales et délaissant les démocrates du Sud. Le parti Républicain y avait vu une opportunité de se rallier une portion imposante de l’électorat – une première trahison d’importance.

Au fil des ans, ce courant s’élargit pour réunir les opposants de toute forme de progrès social. Le parti devint moins pragmatique et plus interventionniste en matière de politique étrangère tout comme en économie. Arrive W., et depuis les républicains augmentent largement les dépenses du gouvernement, doublent la dette du pays, mettent feu au Moyen-Orient et violent leur propre idéologie ainsi que la constitution de leur pays. À chaque virage, la soif du pouvoir mène vers le rejet de l’intellectualisme et à l’aveuglement face aux conséquences de tels actes.

La courte histoire de l’Action démocratique du Québec est évidemment moins dramatique, mais tout aussi marquée par la trahison de ses fondements et l’anti-intellectualisme. Le parti, né de la parution du rapport Allaire, se décrit d’abord comme l’héritier de Jean Lesage. L’ADQ prône alors le conservatisme fiscal et une approche pragmatique de la question nationale : un profond changement de la structure de la fédération canadienne, sans pour autant menacer les liens économiques à l’intérieur du pays.

Le parti appuie le Oui lors du référendum de 1995, puis, dans la défaite, exige qu’il n’y ait plus de référendum sur la question. Tout récemment, l’ADQ est allé jusqu’à suggérer le retour aux négociations à onze pour modifier la constitution, ce qui avait été exclu par le rapport Allaire et même par Robert Bourassa. Le populisme caractérise la majorité des autres prises de position marquées du parti, dont trop ont changé pour établir un fil conducteur cohérent dans le cheminent de celui-ci.

L’ADQ mise essentiellement sur la division et le cynisme – son opportunisme dans le débat des accommodements raisonnables ou son appui à CHOI-FM en sont des exemples - et, même lorsqu’elle avance des idées sensées, comme la diminution de la taille de l’état ou l’allègement du fardeau fiscal de la classe moyenne, elle est à court d’arguments et manque de nuance. Le parti ferme la porte aux intellectuels, comme Guy Laforest, de même qu’aux esprits libres et cohérents. Personne, ou presque, ne peut répondre de ses positions, sauf peut-être Mario Dumont.

Mais où est donc passée la droite? Celle qui possède la rigueur et la curiosité intellectuelle essentielle pour avancer des solutions crédibles aux problèmes complexes d’aujourd’hui, qui ne passent pas nécessairement par l’État-providence. Je refuse de croire qu’il n’existe pas dans l’électorat un nombre considérable de personnes prêtes à s’identifier à un courant politique respectable de centre-droit. Je vous confirme, par contre, que ce courant n’est pas actuellement représenté sur l’échiquier politique québécois.

Comment on se sent?

 

Non, non. Pas de rencontrer George W. Bush. Comment on se sent quand on entre dans la maison blanche pour la première fois? L’ancien chef de cabinet sous Clinton disait dans une entrevue que c’est  un émerveillement, et qu’il ne disparait pas avec le temps.

 

Photo de Reuters, tirée du blogue de Patrick Lagacé.

La société orwelienne des libéralo-péquistes

Elle est maintenue grâce aux CPE,  selon l’ADQ:

On ne part pas avec l’idéologie que ce qu’il faut, c’est des places, des places, des places, a-t-il affirmé lundi lors d’un point de presse à Gatineau. Notre but n’est pas d’avoir tous les enfants dans toutes les garderies, tous pareils, aux mêmes heures.

Mario Dumont, dénonçant les promesses des deux autres partis d’ajouter des miliers de places de garderies à 7$. La dénomination “libéralo-péquiste” lui appartient aussi. Avec les beaux vidéos d’aujourd’hui en sus, on pourrait difficilement imaginer comment sa campagne pourrait être plus crasse.  

Que l’on note que j’ai passé au moins trois jours consécutifs sans l’attaquer avant de m’accuser d’acharnement!

Les “weirdos”

La Plaine recense la cuvée 2008 des partis politiques marginaux au Québec avec une touche d’humour.  On s’ennuie tout de même de certaines perles du patrimoine politique québécois, comme le Parti conscience universelle, de saveur nouvel-âge féministe, le Parti de la loi naturelle du Québec, affilié au mouvement de la méditation transcendantale, ou encore le Parti 51, qui voulait la séparation du Québec… afin qu’il devienne un état américain. 

Logo du parti de la conscience universelle

Débat sur le débat

Charest maintient le cap. Il s’oppose à la formule proposée par le consortium des médias et supportée par les partis d’opposition.  Si vous avez vu l’affrontement au fédéral, vous comprenez pourquoi.

 

Néanmoins, Charest joue gros en affirmant haut et fort son opposition. Antipollution rêve même d’un débat sans le chef libéral. Un compromis satisfaisant demeure toujours une possibilité, mais si Jean Charest devait finir par concéder, il aurait l’air faible et il parait déjà arrogant en n’ouvrant pas la porte à un compromis – une bien vilaine combinaison d’attributs pour un politicien.

Mise à jour: Jean Charest propose un compromis.

Morceau du dimanche

Pourquoi suis-je attiré vers ce morceau idyllique en cette journée grise de novembre?

Blogueur Zen (1/3): La privatisation d’Hydro-Québec

J’entame une série de billets au cours desquels je vanterai une proposition de chacun des principaux partis politiques. Puisque j’ai été particulièrement dur à l’endroit de Mario Dumont jusqu’à maintenant, je commencerai par l’ADQ.

La semaine dernière, Dumont a proposé la privatisation de 7.5% d’Hydro-Québec pour 10 milliards de dollars, laquelle somme servirait exclusivement au remboursement de la dette. 

Pour apprécier l’impact de cette proposition, il faut brièvement faire la synthèse de la situation financière du gouvernement du Québec. Le service de la dette représentera 8 milliards de dollars pour 2008-2009, ou 13% des dépenses du gouvernement (source: budget 2008-2009). La dette brute totale représente 140 milliards de dollars. De l’autre côté de la balance, il y a de nombreux actifs, dont Hydro-Québec qui est évalué à environ 135 milliards de dollars par l’ADQ. 

Certains diront que de vendre des parts d’Hydro et d’enlever une somme équivalente de la dette est une opération neutre, qu’aucune richesse n’est crée. Cela est vrai si notre participation dans Hydro-Québec est aussi rentable qu’une diminution de la dette peut l’être. En 2006-2007, Hydro-Québec a versé une dividende de 1.5 milliards à son actionnaire unique, le gouvernement du Québec. 7.5% de cette somme représente 112.5M$. Une réduction de la dette diminuerait pour sa part de 600M$ le service de la dette, selon les paramètres actuels. L’avantage pécunier me semble assez clair.

D’un point de vue social, la vente d’une si petite part de la société d’état n’aurait peu ou pas d’effet sur la gestion d’Hydro-Québec. Autant que Mario Dumont rêve lorsqu’il dit que les profits augmenteraient substantiellement grâce à la privatisation, cela ne causerait pas une hausse plus rapide du prix de l’énergie puisque Québec détiendrait toujours une écrasante majorité des parts. Il ne faut surtout pas craindre de se trouver sur une “pente glissante vers la privatisation totale” de la société d’état. Il n’y aurait jamais de progrès si on toujours pensait de cette manière, que ce soit pour des mesures progressistes ou libérales.

Puisque le Québec aura grandement besoin de ressources additionnelles pour faire face aux défis du futur et que la privatisation d’une part modérée de la société publique ne voudrait pas dire pour autant que les québecois perdent le contrôle de cette grande source de fierté, je suis d’avis que l’idée de l’ADQ est juste.

Yes we can

Serge Chapleau, La Presse

Quatre chums en campagne

Le CHUM de l’ADQ à la gare d’Outremont, celui du PQ, au 6000 rue St-Denis, celui de QS on ne sait trop où encore et celui du PLQ au 1000 rue St-Denis. Tous les partis veulent que l’on recommence à zéro, sauf celui qui préfère le choix actuel. Pendant ce temps, le site du CUSM anglophone est décontaminé depuis longtemps, sa fondation a amassé 160M$ en dons et l’appel d’offres est lancé

Il est grand temps de faire taire ceux qui voudraient constamment revenir en arrière. Mon plaidoyer n’est pas en faveur du 1000 rue St-Denis autant qu’il est simplement pour que le CHUM soit.

Chacun des sites proposés pour le CHUM présente un concept différent du super hôpital. À Outremont, le terrain est spacieux et emballe le milieux des affaires, mais est loin de la population.  Au centre-ville, c’est l’inverse. Dans les deux cas, le choix du site entraîne des coûts supplémentaires importants; on parle de décontamination à la gare et de démolition au centre-ville. 

Chacun de ces projets peut être mené à succès s’il est bien géré. Il y aurait un hôpital neuf de 800 lits à Outremont ou un hôpital neuf de 700 lits au centre-ville. Nos chercheurs pourraient réaliser leur plein potentiel grâce à des infrastructures de pointe. Aussi longtemps que l’incertitude persiste, cependant,  l’insatisfaction envers l’ancien CHUM (la fusion bâclée de trois hôpitaux) demeure, et la recherche de financement pour la construction du super hôpital est impossible.

Il y a maintenant près de 10 ans que Lucien Bouchard avait avancé l’idée du nouveau CHUM et on est encore à débattre du site. Le choix de la gare de triage de Glen pour le super hôpital de McGill présente certainement sa part de désavantages, mais je ne saurais vous les présenter, car il n’en est plus question depuis longtemps.

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