À coups de reportages dramatiques sur la crise financière et d’un “sauvetage” de 25 milliards de dollars pour les banques canadiennes (qui n’en avaient nullement besoin), on a finit par faire croire à la population que le Canada était au bord du gouffre. Aujourd’hui, on va prétendre que si le PIB est en recul, c’est que les effets du ralentissement mondial se font ressentir. On constate que c’est la chute de 3.1% du commerce en détail qui est le principal responsable de cette donnée. À moins que ces chiffres soient accompagnés de pertes d’emplois élevées, on doit plutôt supposer qu’il s’agit en grande partie d’une conséquence de la dramatisation de la situation: nous avons peur.
Je ne nie certainement pas l’existence d’une crise financière mondiale. Celle-ci aura assurément des répercussions au Canada, dont l’économie est gonflée par les exportations de pétrole de l’Ouest. La chute du prix du baril exigera que le gouvernement révise ses dépenses à la baisse et que les pétrolières remettent certains projets sur les tablettes, mais cette industrie n’a rien à craindre. Les difficultés du secteur manufacturier seront atténuées par la baisse du huard. Cependant, en toute franchise, il serait futile d’espérer une relance de ce secteur malmené alors que 50% de nos exportations sont destinées aux États-Unis. Par ailleurs, dans un contexte de vieillissement de la population, la triste situation des aînés dont la caisse de retraite a fondue n’est pas à négliger.
Il n’en demeure pas moins que les institutions financières du pays sont solides et donc que nous vivons pas le même manque de liquidités que nos voisins du Sud, qui paralyse le développement et même les opérations des entreprises américaines ainsi que les finances des consommateurs. En cas de cataclysme, tant anticipé par les médias semble-il, le gouvernement fédéral a récolté des surplus considérables et est donc bien positionné pour intervenir.
On trouve d’autres analyses sur la crise financière et ses effets au Canada un peu partout sur la blogosphère, dont un billet bien intéressant de Geloso, auquel j’aimerais bien réagir bientôt.
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